LE GOLFE DE SAINT-TROPEZ
en quelques mots
Ce territoire représente à lui seul près de 30 % du Massif des Maures, massif ancien composé essentiellement de schistes cristallins, de quartzites et de gneiss, issus d’un plissement hercynien datant de plus de 300 millions d’années. Le littoral y déploie plus de 103 km de côtes, bordées de 40 plages de sable fin aux compositions variées — allant des sables siliceux aux alluvions riches en minéraux ferreux charriés depuis les collines par les ruisseaux intermittents.
UN PEU D'HISTOIRE avec un grand H :
La légende fondatrice raconte qu’en l’an 68, le corps martyrisé de Torpes — un chrétien décapité sous Néron — fut placé dans une barque, accompagné d’un chien et d’un coq, puis laissé dériver sur l’Arno. Guidée par les flots, l’embarcation finit sa course sur les rives du golfe. De cette fable naquirent les toponymes : "Tropez" pour l’homme, "Cogolin" pour le coq (du latin coquillus), et "Grimaud" pour le chien (de l’ancien français grimaud, canidé de garde).
Mais au-delà des mythes, le Golfe connut une histoire mouvementée. Dès l’Antiquité, les Phocéens y installent des comptoirs commerciaux. Les Romains y construisent des villae rustiques à colonnades, exploitent les salins côtiers et édifient des routes dallées, dont des fragments sont encore visibles à la Nartelle ou vers La Garde-Freinet. Des dolia en terre cuite et amphores retrouvées témoignent d’une intense activité viticole et oléicole.
Aux VIIIe et IXe siècles, les incursions sarrasines provoquent l’abandon de nombreuses terres. Mais dès le XIe, les comtes de Provence reprennent possession du territoire, construisant tours de guet et citadelles — comme la tour de Ramatuelle ou la citadelle de Saint-Tropez, édifiée en pierres de grès rose du massif local.
Le port de Saint-Tropez connaît un essor remarquable à partir du XVe siècle. Les navires méditerranéens, gréés en tartanes ou chebecs, assurent le commerce du sel, du cuir, du vin et des toiles tissées. On y trouve alors des chantiers navals, des entrepôts voûtés et des cales sèches encore visibles sous les quais actuels. L’architecture portuaire s’adapte au mistral dominant, avec des avancées de toits appelées génoises.
À l’intérieur, La Mole, Le Plan-de-la-Tour ou encore La Garde-Freinet révèlent un autre visage du Golfe : celui d’une Provence rurale, faite de bergeries, de fours à chaux, de ponts voûtés en pierres sèches et de chemins muletiers. Les anciennes restanques, soutenues par des murets en schiste, dessinent le paysage agricole encore utilisé pour la culture de l’olivier, de la vigne et du figuier.
Les villages du Golfe sont un théâtre vivant d’architecture méridionale : façades à chaux colorée, linteaux sculptés, escaliers extérieurs en pierre brute et tuiles creuses romanes à l’arrondi irrégulier. Les matériaux de construction sont issus des carrières locales : calcaire de Provence, grès du Rayol, bois de pin d’Alep.
De mai à septembre, le Golfe s’anime : régates de voiliers classiques comme les Voiles de Saint-Tropez, festivals de musique, fêtes votives, marchés de terroir où se mêlent parfums de lavande, tapenade et pain de campagne. Les offices du tourisme — souvent installés dans d’anciennes maisons de notables ou des moulins — perpétuent la mémoire des lieux.